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Avis ANDREWS : The Sepia Prima Donna
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Avis ANDREWS (1910 ca, Houston, TX - Décembre 1964, La Nouvelle-Orléans)
a chanté régulièrement avec l'orchestre de Cab Calloway
entre octobre 1936 et mars 1944



Une grande chanteuse admirée... et méconnue.

Surnommée tour à tour dans les publicités "Sepia Prima Donna", "The Sepian Nightingale", "Siren of Songs", 'Songbird of the South", "Bundle of Blues", "Popular and petite songbird", "The aristocrat of song", "The Broadway Favorite and Singing Sensation", "Second to Marian Anderson" ou encore "Greatest colored soprano" (sic).

N'empêche : si l'on devait compter sur Cab Calloway pour en savoir un peu plus sur cette chanteuse qui a fait le canari pour l'orchestre pendant plus de 7 ans, on n'irait pas bien loin ! Alors, du côté des dictionnaires de jazz ? Pas plus ! Des mémoires des jazzmen ? A peine. Une fois encore, c'est grâce aux journaux d'époque que l'on parvient à retracer la vie d'Avis Andrews. De manière incomplète certes, mais c'est déjà mieux que rien. Avant cet article, vous pouviez toujours chercher sur Internet un article sur celle qu'admiraient Alberta Hunter ou Jonah Jones et qui faisait même la une des journaux noirs américains : vous n'aviez rien.


Directement de l'université à Broadway, sans changement !

Avis Andrews est née à Houston au Texas, sans doute peu autour de 1910. Sa mère, Augusta était journaliste à Washington tandis que son père Richard Taylor Andrews était pasteur à Fort Worth au Texas (après avoir été séparés, les parents se remarièrent en 1938 !). Elle a un frère, Dick, qui épousera plus tard Margery Jackson (aucun lien apparemment avec l'athlète néo-zélandaise).
On devine donc un environnement familial relativement bourgeois puisqu'elle sort tout de même diplômée de Howard University de Washington, DC, l'université qui a beaucoup fait pour l'avancée des droits civiques aux USA (en sortira également Thurgood Marshall, politicien américain, juge à la Cour Suprême et grand ami d'enfance de Cab). Elle y était membre du Women's Glee Club, la chorale animée par Lulu Vere Childers. Était-elle dans le même groupe que celui de Marian Anderson (future "concurrente" à laquelle on la comparera des années plus tard) qui donna un récital remarqué en janvier 1929 ? En tout cas, dès novembre 1927, Avis est remarquée lors du dîner de gala pour les 300 étudiantes d'Howard.

Ses études achevées, la jeune Avis débarque directement à Broadway, sans pouvoir mettre à profit son éducation classique afin de travailler sous la direction de Florenz Ziegfield.




Dans la troupe de "Rhapsody in Black" avec Ethel Waters !


A son tableau de chasse sur Broadway, la belle Avis ANDREWS est dès 1931 sur les planches, avec "Rhapsody in Black" (mai à juillet 1931, Sam Harris Theatre) de Lew Leslie dans lequel elle partage l'affiche avec les Berry Brothers, Eddie Rector et surtout la redoutable Ethel WATERS.

En duo, elle mène le chœur en yiddish sur le célèbre chant hébreux "Eli, Eli". Avis est d'ailleurs remarquée plusieurs fois par la critique pour cette performance qui restera l'un de ses titres de gloire.

Fort de son succès, la revue partira longuement en tournée et on la retrouve notamment en août 1932 à Buffalo, NY.


Du chocolat chaud aux champs de coton...


Publicité parue en septembre 1933.
Progressivement, le nom d'Avis Andrews remonte dans l'affiche...


Elle semble enchaîner avec le spectacle du Connie's Inn, "Hot Chocolates" de 1933. Malgré la cinquantaine d'artistes de la troupe, Avis parvient à se faire remarquer.

On la retrouve ensuite aux côtés de l'ex-orchestre du Hot Chocolates, Leroy Smith (février-juillet 1933, mai-juillet 1934, mars 1936), Erskine Hawkins (juillet 1936).


Sa réputation se renforce régulièrement au point qu'elle intègre le prestigieux Cotton Club au printemps 1935. Très rapidement, les critiques la comblent d'éloges. Après avoir évoqué Ethel Waters, Adelaide Hall et Aida Ward, l'un deux écrit dans le journal Afro American : "Avec Avis Andrews, la jeune chanteuse pleine de talent dramatique, le Cotton Club a donné le jour à une nouvelle sensation" !

Dans le New York Age en date du 13 avril 1935, Lou Layne explique que le nom de baptême d'Avis est on ne peut mieux trouvé : il signifie "opinion" en français et "oiseau" en latin et qu'elle "pourrait même apprendre à chanter à un rossignol" ! Le même journaliste estime même qu'elle pourrait être une chanteuse lyrique sans problème.



En mai et juin 1935, c'est dans "Parade" (dont les orchestrations sont en partie signées par David Raskin - le futur compositeur de "Laura") qu'elle interprète deux titres : "You Ain't So Hot" et "Letter to the President". Elle s'y fait remarquer pour sa superbe voix et est d'ailleurs la seule membre de la troupe qui soit noire...

A l'époque, son agent Nat Nazzaro annonce même qu'elle sera bientôt la star d'un court-métrage Warner au casting exclusivement afro-américain. Elle aurait même été approchée pour faire une émission radio !

Ce n'est finalement pas pour la Warner mais pour Universal picture qu'Avis Andrews va faire la vedette cinématographique. Oh ! Rien d'exceptionnel : juste un court-métrage comme on en diffusait beaucoup avant les films dans les salles au public noir... Il s'agit de HARLEM BOUND (titre de travail : "Headin' for Harlem"), tourné en septembre 1935 aux studios Biograph et dont le casting comprend tout de même Buck & Bubbles (qui interprètent "Truckin'"), Cook & Brown, "Pork Chops"... tous de l'écurie Nazzaro.

Je n'ai malheureusement pas pu visionner ce petit film qui semble introuvable même chez les collectionneurs les plus avisés. Si vous en avez une trace, n'hésitez pas à le partager...


Nat Nazzaro, "l'agent monstre" !
Profitons-en pour évoquer Nat NAZZARO (Sr) qui fut l'agent d'Avis Andrews. C'est aussi lui qui avait sous sa tutelle beaucoup de stars noires, chanteurs, danseurs, comédiens : Stump et Stumpy, les Berry Brothers, Harold Cromer, Moke & Poke, Pearl Bailey, Chuck et Chuckles, Buck & Bubbles, Pigmeat Markham, Baby Wallace, Les 5 Red Caps, Betty Carter, The Two Turbans (Rollins and Fairbanks)... Le tap dancer Harold Cromer en parle comme d'un drôle de bonhomme ressemblant à Peter Falk (œil de verre inclus) lié à la mafia et qui prenait 30 % sur les contrats, les frais restant à la charge des artistes ! Il justifiait ce partage inique par le fait que c'était grâce à lui que ses artistes se faisaient plus d'argent dans des meilleures salles. Il était d'ailleurs connu pour ne jamais laisser partir ses protégés sans avoir tenté de les retenir par les moyens les moins avouables...
Pour l'anecdote, Nat Nazzaro fit même un procès à Cab Calloway en août 1940 suite à une altercation entre les deux bonshommes au Paramount Theatre de Times Square, Nazzaro estimant que Calloway "détournait un numéro qui était censé être sous son propre management". Nazzaro retira la plainte au tribunal.

Cette période de succès est suivie d'un flop, "Smile at me" qui tient à peine 3 semaines de la fin août à la mi-septembre 1935 au Fulton Theatre (elle avait remplacé au pied levé Adelaide Hall qui avait refusé le rôle, estimant la production vraiment trop amateur... Elle avait sans doute raison !).



La marquise du Cotton Club de Manhattan en septembre 1936.
Cette fois, le nom d'Avis Andrews est en haut de l'affiche !

Une des chanteuses vedettes du Cotton Club

Avis entre donc au Cotton Club de Harlem au printemps 1935, mais le prestigieux night-club ferme ses portes peu de temps après. Les émeutes ayant rendu le quartier trop dangereux pour la bourgeoisie blanche, il rouvre en septembre 1936 à Manhattan au niveau de Broadway et de la 48e rue (juste au-dessus de Times Square).

Pour la première nouvelle revue, les petits plats ont été mis dans les grands. Ce sont Bill Robinson et Cab Calloway qui mènent la danse. Dans la distribution, on retrouve la belle Avis Andrews (la 1re photo de cet article est d'ailleurs tirée du programme du Cotton Club).

Dans cette revue qui va durer de septembre 1936 à février 1937, elle chante simplement en tout début de spectacle "There's Love In My Heart".
Dans celle de novembre 1937 à mars 1938, elle interprètera "Night Fall in Louisiana" et "I'm Always in The Mood For You", en duo avec Cab.



Deux élégances sur scène : Avis ANDREWS et Cab Calloway
(ca 1937)

Mars 1937, une fois la revue du Cotton Club en tournée, Avis Andrews accompagne officiellement l'orchestre de Cab Calloway en tant que "songbird" de la troupe. Dès lors, Avis Andrews sera l'une des têtes d'affiches lors des innombrables tournées de l'orchestre dans tous les Etats-Unis.

Voici quelques dates repérées avec Cab Calloway et son orchestre :
• Septembre 1936 à Février 1937, Cotton Club,
• Printemps 1937, New York et tournée US et Canada,
• Novembre 1937 à mars 1938, Cotton Club,
• Printemps 1938, tournée (en mars, son nom est juste en-dessous de celui de Cab sur les annonces des concerts),
• Mai 1940, Apollo de Harlem et tournée,
• Automne 1940, New York et tournée,
• Automne 1941, tournée et New York. Elle est d'ailleurs dans l'orchestre de Cab au moment de la mort accidentelle de Chu Berry en octobre 1941. Juste après l'enterrement, la troupe remonte sur la scène de l'Apollo le 7 novembre,
• Le 4 novembre, lors d'une visite de Calloway dans un hôpital pour enfants, Avis chante "Chatanooga Choo Choo" accompagnée de Benny Payne le pianiste de Cab,
• Printemps 1944, tournée, notamment sur la côte Ouest.

Il faut croire que Cab Calloway formait un bon duo avec Avis Andrews puisqu'il fut même envisagé de les réunir sur Broadway à l'affiche de comédie musicale "The Chocolate Soldier"... Le projet resta sans suite.


A l'origine, à son insu, de l'expression "Are You All Reet?"

En février 1941, la presse place Avis Andrews à l'origine de l'expression "Are You All Reet?" (déformation argotique que "are you alright?") maintes fois employée alors par Cab Calloway. Tout se serait passé lors d'une représentation à Indianapolis où Avis aurait glissé sur scène. Cab l'aurait alors secourue en lui demandant "Are you all reet ?", suscitant les rires d'Avis et du public. Tout le monde s'en est emparé et quelques jours plus tard, arrivant à Philadelphie, le public l'accueillit avec un tonitruant "Are you all reet ?". Il n'en fallait pas moins à Cab Calloway pour enregistrer dans la foulée une chanson signée Jack Palmer et Allen Clark.


Are You All Reet (Cab Calloway, Jack Palmer, A. Clark)



Mars 1937 : une des premières annonces pour Cab Calloway
dans lequel le nom d'Avis Andrews apparaît également.

Canari à temps partiel chez Cab Calloway

Depuis toujours, le roi du Hi de Ho sait s'entourer de quelques beaux canaris comme Adelaide HALL, Aida WARD et Lethia HILL (au début des années 30). Il y aussi le cas June RICHMOND,entre 1938 et 1939, avec laquelle il ne s'est pas entendu malgré tout le talent dont elle a fait preuve pendant ses 15 mois avec l'orchestre. Pensons également à Sister Rosetta THARPE et Pearl BAILEY (qu'il a découverte) et plus tard aux PETER Sisters.

Et puis, Calloway alterne pas mal apparemment, lançant même des concours pour trouver la perle rare qui accompagnera temporairement l'orchestre. Cela laisse du temps à Avis pour chanter avec d'autres...

Voici quelques-unes des participations d'Avis Andrews que j'ai rassemblées :

• En 1937, Avis est à l'affiche de "Virginia" avec Buck and Bubbles... et y reste du 2 septembre au 23 octobre.
• En novembre 1938 (publicité plus bas à droite), Avis partage l'affiche avec Tiny Bradshaw... Pour son show à l'Howard Theatre de Washington DC, on annonce qu'elle quittera ensuite l'orchestre pour rejoindre la production de Broadway "The Curtain Rises" (dont je n'ai trouvé aucune trace à cette date...).

• Du 22 au 27 mai 1939, elle "sauve" les 5 seules représentations de "Susanna, Don't You Cry" jouée  au Martin Beck Theatre. L'opérette déçoit le public sauf, bien entendu, Avis Andrews, qui est généreusement applaudie sur "Louisiana Belle".

• En septembre 1939, elle est annoncée comme la "deuxième Marian Anderson" à l'affiche avec l'orchestre de Don Redman.

• En mars 1940, elle mène la revue au Kit Kat Club de New York.

• Le 1er mai 1940, elle est sur la chaîne de télévision expérimentale de NBC, W2XBS, pour célébrer son premier anniversaire. Entre 20h30 et 22h30, elle participe à la cérémonie dans un numéro intitulé "Harlem Highlights" avec les Berry Brothers ! Là non plus, on n'a malheureusement aucune trace de ce passage...

• Elle chante en guest-star le 21 juin 1940 avec l'orchestre de Duke Ellington au Metropolitan Golden Ballroom de Philadelphie, PA. Elle est d'ailleurs réputée pour bien interpréter le titre du Duke, "Solitude".

• En août 1941, elle chante avec Willie Bryant et The Sunset Royal orchestra

• En juillet 1942, Oscar Hammerstein lui envoie les partitions de Carmen Jones afin qu'elle joue le rôle-titre... Pas de suite malheureusement.

• En octobre 1942, sa "collègue" Alberta Hunter note dans son journal qu'Avis Andrews a été la première femme de couleur à chanter dans le restaurant chic de New York, "Le Versailles" sur la 15e rue et qu'elle est une chanteuse sensationnelle !

• Le 18 mai 1943, elle remplace au pied levé Maxine SULLIVAN à l'Apollo Theatre qui refuse de chanter accompagnée par son ex-mari, John Kirby !

• En août 1943 pour les premières revues du nouveau Zanzibar Cafe, Avis Andrews à l'affiche en même temps qu'Ella Fitzgerald et Don Redman. Elle est d'ailleurs saluée par le critique Ed Sullivan dans l'annonce ci-dessous :



Mais ce qui a occupé le plus Avis Andrews entre 1941 et 1942, c'est son implication dans le théâtre aux armées.


Harlem on Parade et dans les camps de soldats !

La guerre est là et le théâtre des armées américaines (USO) envoie des artistes à travers les Etats-Unis pour divertir les troupes. Avis Andrews se retrouve  dans le "Red Circuit" (sans doute entre 1942 et 1943) qui comprend 66 artistes dont Noble Sissle, Eubie Blake, Al Sears orchestra, Emory Evans, Butterbeans and Susie, des danseuses et des attractions. Sur le capot des jeeps, sur des podiums ou dans des salles de spectacle improvisées, elle va remonter le moral des soldats. Le problème c'est que parfois, le spectacle censé être présenté aux soldats noirs ne l'était qu'aux soldats blancs, comme à Fort Jackson en Caroline du Sud. En une soixantaine de dates, elle va rendre visite à plus de 300 000 soldats (uniquement sur la tournée avec "Harlem on Parade") !

Le spectacle "Harlem on Parade" va sillonner les camps d'entraînement des soldats américains. Comme pour le Cotton Club, c'est Clarence Robinson qui le met en scène, la musique a été composée par Noble Sissle et Eubie Blake. Un deuxième show pour la fin 1942 est une reprise de "Shuffle Along" des mêmes Sissle et Blake. Dans le casting autour d'Avis Andrews, on retrouve Johnny Lee (ex-duettiste avec Stepin Fetchit,), le quartet Chanticleers, les danseurs Moore and Larry, Chuck et Chuckles, Daisy Mae, Cora Green, Ralph Brown... et Max Boyd, le mari d'Avis.



Elle faisait la une des journaux (ici en avril 1938)
mais n'a jamais enregistré de disque



A la une des journaux mais aucun enregistrement studio !

Avis Andrews n'a jamais enregistré de disque, que ce soit avec l'orchestre de Cab ou un autre, mais a sans doute été entendue de nombreuses fois à la radio.
Le New York Age du 12 février 1938 annonce qu'elle chantera bientôt "A Stream", composée par LaSalle J. Williams. A cette même époque, on remarque son interprétation du dernier succès à la mode, "You Go To My Head".



Avis Andrews en 1944, lors de son ultime tournée
avec
l'orchestre de Cab à San Francisco.

Voici d'ailleurs une liste de quelques-unes des chansons qu'ont relevées les journalistes de l'époque :
• En 1941, suite à un concert à Chicago, un journaliste évoque la frissonnante prestation d'Avis Andrews sur "In The Still Of The Night", elle dont "le teint olive et la délicate personnalité était juste sensationnels."
• En 1951, alors que sort une pathétique version de Slim Whitman, un journaliste se souvient avec nostalgie de la version d'Avis Andrews... ou encore de son "If You're But A Dream".
"Yours Is My Heart Alone", "The Man I Love" étaient également au répertoire de miss Andrews.
Dans "The Ghosts of Harlem", Jonah JONES (interviewé par Hank O'Neal) évoque Avis Andrews (appelée par erreur "Alice") comme une "jolie chanteuse qui ajoutait encore plus de classe à notre spectacle. Sa voix était si belle." En contraste, un article de mars 1938 explique que lors du numéro qu'elle partage avec Cab Calloway, "Hi de Ho Romeo" (duo à l'origine sur la scène du Cotton Club entre Cab et Mae Johnson) ses répliques ne pourraient jamais passer la censure ! Ailleurs, la critique parle d'elle comme "une femme de couleur capable d'interpréter de sombres chansons explicites d'une manière bien plus élégante qu'à Harlem."

Un "comparatif" des chanteuses de l'époque qualifie Avis Andrews de "glamour" tandis que Nina Mae McKinney est "exotique", Maxine Sullivan "menue", Billie Holiday "séduisante"... A vous d'en juger !

Mars 1944, une méchante grippe qui traîne l'éloigne de l'orchestre de Cab... qui en profite pour la remplacer par Dotty Saulters (entrée dans la troupe en février 1943) avec qui elle partageait les numéros musicaux alors !


Sur cette annonce de début 1944,
Avis Andrews est une des principales vedettes du show joué à San Francisco.
Dotty Saulters ne tardera pas à la remplacer...


Paralysée et vite oubliée...

Je ne sais pas comment a évolué la grippe "officielle" d'Avis ou si c'était un signe précurseur d'une maladie à venir. Toujours est-il qu'elle semble s'éloigner brusquement de la scène.
En 1946, elle est paralysée suite à un AVC, et ne se déplace plus guère qu'en fauteuil roulant. Elle demeure à Brooklyn, 128 Bainbridge St. En 1951, le journaliste du New York Age invite même ses anciens fans à l'appeler au GL 5-0145 pour lui rappeler qu'elle était "l'une des plus grandes".
Sa villégiature auprès de sa mère à Chicago en avril 1948 la replace en mémoire d'un journaliste de l'Afro-American.


Ernest "Mack" BOYD, la mari, l'agent, le costumier

Né à Daytona Beach en Floride, Ernest Boyd est d'abord un jeune chanteur. Lui et Avis se rencontrent alors qu'ils sont tous les deux dans la troupe de la revue "Rhapsody in Black" en 1931. Une fois débarrassée de Nat Nazzaro (voir plus haut), Avis prend Ernest Boyd comme manager personnel.

En réalité, la réputation d'Ernest Boyd s'était plutôt faite en tant que costume designer. C'est même lui qui modelait tous les costumes de scène de son épouse (comme celui sur la photo de H. Morton à gauche, en provenance du blog "A View To Hugh").

Dans un article du 26 mars 1938, le journaliste d'Afro-American décrit la tenue d'Avis : "black lace pointed basque, topping yards of transparent, shell-pink skirt, and pink roses in her hair. She later switched to a henna brown tulle frock with a gold belt and gold leaf headband".

Pour savoir à quoi ressemblait Ernest "Mack" Boyd, rendez-vous sur notre article à propos de l'équipe de base-ball de Cab Calloway. Il est au premier rang à gauche.


En décembre 1964, Avis Andrews meurt d'une crise cardiaque alors qu'elle séjournait à La Nouvelle-Orléans.

Avis Andrews était marraine d'Avis Keyes, la fille de la danseuse de claquettes Evelyn Keyes (annoncée comme la "tempest of taps"). Les deux femmes s'étaient sans doute liées d'amitié alors qu'elles se partageaient l'affiche au côté de Cab Calloway (voir ci-dessous).


Avis Andrews et Evelyn Keyes, partenaires à l'affiche et amies à la ville
(photo datée du printemps 1937)


Voilà. C'est à peu près tout ce que j'ai pu trouver en quelques jours de recherche sur Avis Andrews, histoire de la sortir un peu de l'oubli total dans lequel elle est depuis la fin des années 40. Combien d'autres chanteuses et artistes de jazz ont subi le même sort ?... Ils sont innombrables ; alors, en pensant un peu à Avis, on pense en quelque sorte aussi aux autres.


Sources principales :
Pour retrouver les autres publicités avec Avis Andrews déjà publiées sur The Hi de Ho Blog, cliquez sur ce lien.


16-04-2012 | Envoyer | Commentaires (2) | Lu 1064 fois | Public
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